Ces derniers temps, la population de la capitale vit plus que jamais, au rythme du rationnement. Autour des bornes fontaines et sur les routes et les ruelles, jerricans vides et marmites usées font désormais partie du paysage quotidien. Les attroupements devant les bornes fontaines dans l’attente de quelques gouttes du liquide devenu précieux se font de plus en plus important.C’est à Hankunu I, que la situation semble pire. “On souffre et on en a marre. L’eau ne vient que tard dans la nuit. Ils attendent jusqu’au moment où nous sommes endormis pour nous envoyer cette source de vie. A l’heure ou je vous parle, j’ai une resserve de 1 litre d’eau dans ma cabane. Je doute fort qu’avant demain tard dans la nuit, il y a aura de l’eau dans notre borne fontaine”, résumait Soulé Kouria, jeune élève du quartier.
Idem à Oasis, à Magudju et à la Coulée de lave. L’ensemble des habitants de ces zones sont très touchés par le délestage d’eau effectué par la société Madji na Mwendje ya Komori ou Mamwe. “Il nous arrive de passer plus d’une semaine, voire même deux, sans voir une goutte d’eau. C’est une catastrophe alors que nous vivons ici avec nos enfants. Nous sommes obligés de traverser des quartiers entiers pour avoir un peu d’eau”, déplore Saniya Mmadi Ibrahim, d la Coulée.
La faute est à ce délestage effectué par la Mamwe. Depuis plus de quatre semaines la situation est devenue plus qu’alarmante dans la capitale. Le chef de service de la production, Naoimissi Bachirou, a “conscience” que l’eau fait défaut dans la vie quotidienne des habitations de Moroni.
A l’en croire cela serait du à une “trop grande et une très rapide augmentation des besoins”. Le chargé de communication, Faissoile Moussa, vient à la rescousse : “Avant, on produisait 11.000 m3 d’eau par jour pour 20.000 clients, actuellement nous enregistrons 80.000 abonnés pour la même quantité journalière”. Evidement…
Dans l’essentiel des quartiers, l’eau ne coule qu’entre 6 heures à 10 heures. Ce rationnement ne satisfait pas la population et encore mois son horaire. Parfois ils posent un véritable dilemme : “Dans notre borne fontaine les rares fois qu’on reçoit l’eau, c’est à partir de 7 heures alors que je suis élève et c’est le moment d’aller à l’école. Sois tu sacrifies ton temps à puiser de l’eau et Adieu l’école, ou tu te rends à l’école, mais au retour…”. Telle est la difficile équation de Zahara Ali Mzimba, élève et domiciliés à Magudju.
A la Mamwe ont ne peut pas faire autrement : “On ne peut que distribuer l’eau dans la matinée car, c’est le moment où on en utilise le plus”. Autrement dit, il ne faut pas rêver à une amélioration rapide de la situation. Le seul espoir attendu actuellement et que nous viennent au secours les deux châteaux d’eau en rénovation “urgente” ou en construction de Mbweni et de Unkazi, assure-t-on du côté de l’entreprise publique. On a compris, il faudra faire avec, pendant encore un moment.
En attendant, trouvez un bon jerrican et consommez avec modération.
Elie-Dine Djouma

















