Les rebelles ont essuyé un revers avec l'apparition télévisée d'un des fils Kadhafi, Seif al Islam. Echanges de tirs et de déclarations.On l'annonçait aux mains des rebelles et quasiment en route pour la Cour pénale internationale, le voilà libre et s'offrant même un bain de foule et un point presse. A 3h ce mardi Seïf al-Islam apparaît souriant devant les caméras de la chaîne qatarie Al-Jazeera et dément la prise de Tripoli par les rebelles. Il rassure:"Tripoli est sous notre contrôle".
Seif al-Islam: le fils le plus influent de Mouammar Kadhafi et souvent présenté comme son dauphin. Ces dernières années, Seif al-Islam soignait son image de "réformateur", d'artisan de l'ouverture de la Libye. Mais depuis le début de la contestation mi-février, Saïf al-Islam a troqué son costume trois pièces pour le keffieh. "Nous ne lâcherons pas la Libye et nous combattrons jusqu'au dernier homme, jusqu'à la dernière femme et jusqu'à la dernière balle", affirmait-il le 20 février, en évoquant un complot venu de l'étranger.
Communiquer pour gagner?
En invitant les journalistes, Seif al-Islam donne un nouveau tempo à la bataille de Tripoli, plus lent que celui de la veille. Hier la victoire était l'affaire de quelques heures, ce matin elle n'est plus acquise. L'opération médiatique est réussie, dès lors qu'elle jette le trouble sur la crédibilité des rebelles. En temps de guerre, la communication est toujours utilisée pour affaiblir l'autre camp, ne serait-ce que pour quelques heures. Et pourquoi ne pas instiller le doute chez les partenaires engagés dans le conflit? Ce n'est pas moins la véracité de la déclaration que son effet qui compte.
Annoncer l'arrestation des deux fils Kadhafi a certainement accéléré le tempo du conflit: les déclarations de la communauté internationale entrecoupaient les reconnaissances successives du Conseil national de Transition. Le tempo était si rapide, que les mots devançaient même la réalité des combats sur place.
Mais que s'est il vraiment passé?
Ainsi dimanche, à 23h11, l'AFP publie une dépêche annonçant que, selon un chef rebelle, Seif al-Islam a été capturé. Un peu plus tard, à 1h12, nouvelle dépêche de l'agence de presse citant le procureur de la Cour pénale internationale, Luis Moreno Ocampo: "j'ai reçu des informations confidentielles selon lesquelles il a été arrêté". Mais vingt quatre heures plus tard, l'AFP revient sur ses affirmations: "Seif al-Islam n'a pas été arrêté par les rebelles et se trouve à Tripoli". Aujourd'hui, les versions se multiplient sur la réalité ou non, de l'arrestation de Seif al-Islam, ainsi que de l'évasion de son frère Mohamed Kadhafi.
Depuis le début du conflit déjà, des informations contradictoires sur l'arrestation ou la mort de membres de la famille Kadhafi avaient circulé. Difficile de s'y retrouver entre l'info et l'intox.
reuters

















